Débat d’orientation budgétaire au Conseil général de l’Isère

« L’aide aux communes sera maintenue »

Alors que le vote du budget du Conseil général de l’Isère a été repoussé, en raison de la crise, à mars prochain, sescontours commencent quand même à se dessiner peu à peu.

Ainsi, après un premier round de discussions en décembre dernier, le débat d’orientations budgétaire s’est poursuivi hier lors de la première session de l’année. Une session au cours de laquelle le contexte financier et social a été à nouveau abordé, et surtout au cours de laquelle ont été dévoilés deux grands points essentiels du futur budget. Depuis plusieurs mois, on sait déjà que le président André Vallini refuse d’augmenter les impôts car, comme il l’a répété hier, « les ménages isérois ne pourraient pas le supporter ». On sait aussi que, par mesure d’économie, certains projets vont être repoussés et que des coupes budgétaires vont être annoncées en mars prochain.

« Nécessité fait loi, nous allons augmenter l’emprunt »

Mais ce que l’on ne savait pas encore concernait la possibilité d’avoir recours à un emprunt. Si pendant de nombreuses années, l’encourt de dette du Département a quasiment été nul, les choses vont donc changer en 2010. « Nécessité fait loi, nous allons augmenter l’emprunt. Nous travaillons actuellement sur une maquette budgétaire qui l’inclut », a déclaré M.Vallini, qui n’a pas manqué au passage d’égratigner les choix du gouvernement : « Mais cet emprunt sera raisonnable, on ne va pas tomber dans les travers actuels de l’Etat ». Autre nouvelle annoncée hier :  « Bien que nous ayons décidé de nous concentrer sur nos compétences obligatoires – notamment le social avec l’aide aux personnes handicapées, âgées et à l’enfance en danger – nous maintiendrons l’aide aux communes, qui est une de nos compétences facultatives ».

Voilà pour les premières annonces. Le reste des débats a été un peu moins positif puisque consacré aux effets de la crise : baisse des droits de mutations donc recettes moindres pour le Département, situation sociale inquiétante avec une augmentation drastique du nombre de chômeurs en Isère et – majorité de gauche oblige – « méfaits de la réforme territoriale, désengagement de l’Etat qui ne compense pas la totalité des transferts de charges et volonté du gouvernement de libéraliser les services publics ».

Ce qui a fait dire au président du groupe d’opposition de droite, Jean-Claude Peyrin : « Vous noircissez de manière excessive la situation économique et financière actuelle de notre département, en faisant preuve de catastrophisme. Et c’est par ce catastrophisme que vous nous annoncez des mesures drastiques pour le budget 2010. Entre le boulevard Jean-Pain de Grenoble où le maire s’installe dans un confort de gestion en augmentant de manière inconsidérée les impôts et la rue Fantin-Latour (siège du Département) où on annonce une politique de rigueur, n’y aurait-il pas un juste milieu ? ». Une intervention qui n’a pas manqué de susciter de nombreuses réactions sur les bancs de la majorité.

Dauphiné Libéré, édition du 30 janvier 2010.