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Commémoration du 8 mai 1945 à Corenc

Jacques ALCARAZ, Conseiller délégué de Corenc, lisant le le message de Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants, entouré de Jean-Pierre VICARIO, Maire de Corenc, Jean-Claude PEYRIN, Conseiller général, Pierre JOIRE et Jacques FLANDRIN, Adjoints au Maire de Corenc, Jérôme BOULLE, Conseiller délégué.
Comme chaque année, j’étais présent aux commémorations des communes de Meylan, Corenc et La Tronche.
Parmi les discours qui ont été prononcés, j’ai souhaité vous rapporter celui de Jean-Pierre VICARIO, Maire de Corenc, qui évoque, notamment, la grandeur du Général de Gaulle, et qui nous dit comment il fait vivre le civisme et le patriotisme chez les plus jeunes citoyens dans sa commune.
Commémoration de l’Armistice de 1945 Allocution de Jean Pierre Vicario, Maire de Corenc, Conseiller Communautaire
Lorsque, le 8 mai 1945, le général Jean de Lattre de Tassigny, commandant la 1ère Armée Française, signe au coté des Maréchaux Joukov et Tedder et du général Saatz, l’acte de reddition de l’Allemagne nazie, sa présence, au nom de la France, est le symbole d’un formidable retournement de situation. La France vaincue, écrasée, occupée, humiliée, de 1940 retrouve le camp des vainqueurs. Elle le doit à l’audace d’un homme, le général de Gaulle.
En juin 1940, la France, première puissance militaire de l’Occident est écrasée en quelques jours par la ruée irrésistible des panzer-divisions de Guderian et de Rommel. Malgré le courage de nos soldats, 100 000 d’entre eux seront tués, la population fuit sur les routes, mitraillée par les stukas à croix noires.
Face à ces jeunes généraux Allemands aux visages émaciés sous leurs casques d’acier, la vieille Europe parait impuissante. La voix rauque d’Adolf Hitler semble tétaniser le monde libre. En France, le plus prestigieux de nos Maréchaux, Philippe Pétain, le vainqueur de Verdun, déshonore ses étoiles dans une poignée avec le dictateur.
Seule une voix s’élève sur les ondes de la B.B.C., une voix que bien peu entendront, mais qui changera le destin du pays. C’est celle d’un simple général de brigade, spécialiste des blindés, réfugié à Londres, Charles de Gaulle. En refusant contre toute raison la défaite, en niant la légitimité du gouvernement de Vichy soumis à l’occupant, en prétendant seul incarner la légitimité républicaine, en affirmant qu’à travers lui la France poursuit le combat, de Gaulle pose un acte fou qui pourrait sembler dérisoire. Cette folie ancre pourtant la France vaincue dans le camp des futurs vainqueurs.
Les années noires passent, avec leur cortège d’héroïsme, de lâchetés et surtout de souffrances. Mais, au fil des mois, sur les ondes brouillées de la radio de Londres, des voix s’adressent au pays occupé : Kessel, Druon, ces noms sont alors inconnus, ils vont devenir légendaires. Petit à petit, l’espoir change de camp : L’Angleterre martyrisée sous les bombes mais pas vaincue, l’entrée en guerre des Etats-Unis, le combat titanesque de Stalingrad… La France elle-même est de retour au combat, de Gaulle n’est plus seul. Sur le territoire occupé de la métropole, des hommes et des femmes résistent, renseignent les alliés, désorganisent les communications Allemandes et affrontent parfois directement l’occupant. C’est le martyr des héros des Glières ou du Vercors, c’est le combat des maquisards de Corrèze retardant la redoutable et sinistre division SS Das Reich qui tente de rejoindre le front de Normandie.
En Afrique, Leclerc à la tête de sa 2° DB, a combattu avec succès le plus grand des Maréchaux Allemands, Erwin Rommel. Et puis c’est la campagne d’Italie, le Maréchal Juin, vainqueur sur le Garigliano, ouvre aux alliés la route de Rome. Les troupes d’Afrique affrontent victorieusement les parachutistes Allemands sur les pentes de Cassino. Et les alliés débarquent en Normandie, de Lattre et sa 1ère Armée libère la Provence, Leclerc entre dans Paris, notre ami Albert Pelen, récemment disparu le rejoint. Encore les terribles sursauts des Allemands avec l’offensive Rundstedt dans l’hiver glacial des Ardennes puis c’est la ruée vers Berlin. Et c’est le 8 mai. Les combats cessent en Europe mais la guerre n’est pas terminée. Ce n’est que le 2 septembre 1945 que le Japon capitule à son tour. Là aussi, la France est présente en la personne du général Leclerc.
Ce que je voudrais souligner aujourd’hui, c’est l’importance de l’acte fondateur du 18 juin. Je ne suis pas adepte des citations, pourtant ce sont bien les mots d’André Malraux qui expriment le mieux la portée des paroles du Général de Gaulle : « La force des appels de juin 40 tenait moins aux “forces immenses qui n’avaient pas encore donné”, qu’à : “Il faut que la France soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur”. La France, et non telle légion de combattants français ».
Rappeler ce que nous devons au fondateur de la France Libre qui n’hésita pas à assumer, seul contre presque tous, ce qu’il croyait être l’honneur de notre pays, nous conduit bien entendu, à rendre hommage à celles et ceux qui partagèrent son combat. De toutes origines, de toutes opinions, de toutes croyances, ces hommes et ces femmes donnèrent tout, y compris leur vie pour notre pays. Pour notre pays et pour ce qu’il symbolise, la liberté, l’humanisme, une certaine manière de vivre ensemble. Chacun ici doit méditer leur exemple et, plutôt que d’étaler à l’envie les bassesses et la lâcheté de quelques-uns, je préfère offrir aux générations qui viennent, la belle image des héros.
Mais je ne voudrais pas achever mon propos sans tenter de tirer la leçon essentielle du 8 mai 1945. Depuis 64 ans, l’Europe Occidentale connaît la paix, la liberté et la prospérité. C’est un fait unique dans notre histoire, car l’histoire de l’Europe est l’histoire des guerres entre Européens dont 1914 – 1918 et 1939 – 1945, ne sont que le dernier acte. Cette paix, cette qualité de vie enviée de par le Monde, n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte de la volonté de quelques visionnaires, ceux que l’on a appelé les « Pères Fondateurs de l’Europe ». Parmi eux, au risque de surprendre, je compte le général de Gaulle, oui, de nouveau le général de Gaulle. Loin de certaines caricatures de la pensée qui fut la sienne, ses actes parlent. C’est bien lui qui scellera la réconciliation Franco-allemande avec le Chancelier Adenauer, et c’est bien lui qui imposera l’application du Traité de Rome dont la IV° République finissante voulait demander le report.
La construction d’une Europe unie, fraternelle est le plus grand projet politique, au sens le plus noble, qui soit proposé à la jeunesse. Bien sur, on pourra discuter tel ou tel aspect des politiques Européennes, s’agacer de tel ou tel règlement. Mais au regard de ce que représente l’amitié des peuples et des nations hier ennemis, ces critiques sont dérisoires. Tel est le sens que je souhaite donner à deux évènements qui se dérouleront dans les jours qui viennent.
En effet, deux réceptions se dérouleront dans notre mairie de Corenc.
La première, le 18 mai à 18 heures au cours de laquelle j’accueillerai les jeunes Corençais qui voteront pour la première fois lors des élections Européennes et leur remettrai leur carte d’électeur.
Lors de la seconde, le 4 juin à 14 heures 30, ce seront les élèves de CM1 qui viendront en Mairie pour une rencontre à l’occasion du 90° Anniversaire du Traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, marquant la fin de la 1ère Guerre Mondiale.
Le Devoir de Mémoire, c’est cela aussi.

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