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 Le 5 février 2010, j’étais interviewé par Eve Moulinier, journaliste au Dauphiné Libéré.

Voici le texte de cet entretien.

Les autres partis en lice pour les cantonales semblent avoir un temps d’avance sur vous, non ?

« Il est clair que nous avons perdu un peu de temps avec les remous à l’UMP38 (Ndlr : la mise sous tutelle de la fédération par Nicolas Sarkozy pour mettre fin aux querelles de camps). Mais maintenant c’est derrière nous, notre liste est prête et nos militants sont très motivés pour ces cantonales. »

Vos ambitions pour ces cantonales ?

« Le PS ne devrait pas être si confiant car, contrairement à ce qu’il laisse entendre, la droite ne va pas sauter son tour. Elle va même progresser. Nous allons garder nos huit cantons renouvelables, ensuite nous pouvons en gagner deux autres très facilement, et plus si affinités. »

Mais que peuvent bien dire les socialistes sur la droite iséroise ?

« Il me semble que les soi-disant divisions de la droite iséroise les font énormément rire, non? De mon côté, je constate juste qu’à droite on part unis pour ces cantonales, alors que les verts et les roses ne sont pas arrivés à s’entendre. Et je suis certain que l’on va assister à une campagne sanglante sur le canton Grenoble 1 entre la socialiste Céline Deslattes et l’écologiste Olivier Bertrand. »

Comment va se dérouler cette campagne pour la droite iséroise?

« On ne va pas faire le même cirque que le PS qui organise des balades dans les quartiers défavorisés pour ses ténors. Notre campagne sera une vraie campagne de proximité, notamment pour tous nos nouveaux candidats. »

Et vos candidates ?

« La liste ne devrait être dévoilée qu’en fin de semaine prochaine, mais je peux vous dire que nous avons plus de femmes titulaires que le PS. Et nous, nous avons des femmes de qualité qui partent à la conquête de cantons vraiment gagnables. Je suis certain que nous allons mener une bonne campagne et que les Isérois, qui entendront nos discours, seront nombreux à voter pour nous. »

Pourquoi ?

« Parce que contrairement aux socialistes, nous ne sommes pas dans la contradiction constante. Quelques exemples : quand le conseil général de l’Isère dit en 2009 qu’il va aider l’économie avec un petit plan de relance, l’année suivante, il vote sans hésiter une baisse de 46% des aides accordées aux entreprises. Et quand il se glorifie d’être à fond pour le social, il supprime quand même les subventions aux crèches, et il baisse de 26% l’aide à la lecture, et donc aux bibliothèques qui sont pourtant si importantes pour le lien social… »

Mais il ne s’agit pas de compétences obligatoires pour le Département…

« Quand il distribue l’APA ou le RSA, le conseil général ne fait que son boulot. Pourquoi réclame-t-il alors la médaille d’or du social, alors qu’il ne s’engage que sur les compétences obligatoires! Mais les socialistes ne sont pas à une contradiction près, regardez la rocade ! »

Le dossier de la rocade Nord n’est-il pas clos ?

« Qu’est-il arrivé aux deux grands projets – la rocade Nord et Isère-Amont – portés par le conseil général au début des années 2000? Rien ou le statu quo. Comment peut-on en si peu de temps changer de discours : une année, le conseil général clame que l’économie iséroise va complètement s’asphyxier si on ne fait pas de rocade, et l’année suivante, il dit que finalement, ce n’est plus très utile… Ce n’est pas cohérent. »

Tant de critiques sur l’action du Département. Et pourtant l’opposition de droite n’a pas voté contre le budget 2011. Pourquoi ?

« Un vote “contre” aurait pu être un scénario envisageable, mais nous avons voulu avoir une position cohérente de groupe. Nous avions aussi noté quelques avancées en commissions sur certaines de nos propositions, donc nous avons opté pour l’abstention. »

par Propos recueillis par Eve Moulinier

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Jean-Claude PEYRIN - Conseiller général du canton de Meylan - Maire-Adjoint de Meylan - Président de l'UMP38