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On pourrait croire que les événements qui viennent de se dérouler à la Villeneuve sont arrivés à la suite d’un concours de circonstances : le « casse » du Casino d’Uriage et la mort d’un braqueur habitant de la Villeneuve. Ce n’est pas le cas, et deux faits nous le montrent bien.

D’abord un « incident » survenu le 25 juin nous montre bien que la situation à la Villeneuve est explosive, et que les émeutes ne sont que la partie émergée d’un iceberg dont la partie profonde est énorme. Quand je parle d’incident, c’est que je ne trouve pas de mot adapté pour décrire ce qui suit, et qui est extrait du blog du Syndicat National des Policiers Municipaux.

“Trois policiers menacés d’un pistolet par un jeune

Vendredi 25 juin, quartier sensible (étanche aux lois de la République) de la Villeneuve à Grenoble, trois semaines avant la petite guerre civile ou des dizaines de voitures ont brûlé, et ou des policiers se sont fait tirer dessus. Trois Policiers Municipaux marchent vers un groupe d’individus d’une trentaine d’années, place des Géants à la Villeneuve, dans le cadre de leur mission de « proximité ». L’un des policiers explique : « On se trouvait à proximité d’un escalier et tout se passait bien quand j’ai entendu une voix dire « cassez-vous ». Un individu portant une casquette et une capuche est alors arrivé en tenant un pistolet automatique. »

Selon le blog du Syndicat National des Policiers Municipaux, « l’individu aurait menacé de mort un ou plusieurs des fonctionnaires présents, non armés, ni même munis de gilets pare-balles, avec un pistolet automatique. L’homme, qui serait selon les témoins âgé de 16 à 18 ans, a ensuite pris la fuite dans la cité. » Selon le même blog, « la hiérarchie de la police municipale a brillé par son absence de réaction. ».

Autrement dit, au cas ou vous vous demanderiez ce qui se passe dans les 751 zones de non droits de la France, sachez que dans celle de la Villeneuve, à Grenoble, un mineur armé d’un pistolet explique depuis le vendredi 25 juin dernier à tous ceux de la cité qui en doutaient encore, qu¹il n’y a à craindre aucune réaction, quand on sort son arme et qu¹on menace trois policiers, en pleine journée, dans la rue.

Ces mêmes Policiers Municipaux qui sont passés, vendredi 25 juin dernier, à deux doigts du drame, continuent, comme le reste de la profession, de se voir obstinément refuser le droit de porter une arme et un gilet pare-balles.”

J’ai volontairement supprimé les mots qui pourraient déranger.

En réalité, la Villeneuve est devenu une zone qui échappe totalement aux Lois de la République, et cela, le Maire de Grenoble et sa majorité ne peuvent l’ignorer. Il n’est pas imaginable que de tels faits n’aient pas fait l’objet d’un rapport qui a suivi la voie hiérarchique, dont le sommet, s’agissant de Police municipale, est le Maire de la ville.

Le deuxième fait s’est déroulé cette nuit au cœur de Grenoble. 30 voitures ont été brulées la nuit dernière sur le parking longue durée de la gare SNCF.

Aujourd’hui, on ne brûle plus seulement les voitures de ses voisins, mais on s’attaque à tous les quartiers de Grenoble.

On est en train de passer de « Peur sur la Villeneuve » à « Peur sur la Ville ».

Ce nouvel événement, rajouté aux agressions ou « hold-up » qui deviennent quasi quotidiens dans l’agglomération, montre bien que l’insécurité est en train de sortir des quartiers sensibles où elle était cantonnée jusqu’alors.

Comme je l’ai déjà écrit, des mesures doivent être prises dès aujourd’hui. Michel Destot devrait responsabiliser les familles par la suspension des allocations familiales pour les enfants qui ne fréquentent plus l’école parce qu’ils sont très tôt pris en mains par les dealers. Il doit changer aussi de politique en acceptant de conduire enfin un vaste plan d’installation de vidéo-protection de façon à seconder le travail de la police Nationale. Il faut aussi mieux équiper les Policiers municipaux pour leur permettre de pouvoir faire face aux agressions dont ils sont l’objet, et qui le mettent en danger.

Il est temps de regarder la vérité en face et de tirer les conséquences de l’échec des politiques conduites jusque là.

Bref ce n’est pas d’un colloque – quel que soit le nom qu’on lui donne – dont les grenoblois ont besoin. Je le redis clairement: nous n’avons pas besoin de «grenelliser» une nouvelle fois, nous n’avons pas besoin de colloques, mais d’action, de fermeté et de résultats sur le terrain.

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