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écrit le 03/02/2009

Le déni démocratique

Darwin, au secours ! “Ils” n’ont pas évolué depuis mai 68 !

Il m’arrive parfois de faire preuve d’humour, y compris dans ce blog. Mais ce qui s’est passé hier au soir à Meylan, pendant la séance du Conseil municipal, ne me fait pas rire. Pas du tout ! En réalité, nous avons assisté à une véritable manifestation de déni démocratique.

Revenons brièvement sur les faits. Le débat d’orientation budgétaire était le point principal de l’ordre du jour. Il s’agissait pour la commune de présenter ses orientations budgétaires, et, à travers ces orientations, le Projet de l’équipe municipale pour Meylan.

Mais en fait, certains membres de l’opposition municipale avaient un tout autre objectif : profiter de l’un des choix, la fermeture de la piscine des Ayguinards, pour « plomber » le débat. Et ils avaient convoqué pour cela une centaine de manifestants qui ont empêché que se déroule ce débat.

Pour les manifestants, peu importait finalement le rationnel qui a amené la majorité élue démocratiquement par les meylanais à prendre cette décision. Peu importait le contexte économique national et local ! Peu importait la décision sans équivalent de la commune de ne pas augmenter les taux communaux d’imposition pour la 8ème année consécutive (décision unique dans l’agglomération et même au-delà) ! Peu importait la décision courageuse et volontariste de maintenir les investissements à 5 Millions d’euros par an (ce qui maintient, de fait, l’activité des entreprises) ! Peu importait également la maîtrise de la dette, les actions programmées en faveur de la réussite éducative, la valorisation du cadre de vie, le développement du nouveau service public en faveur des meylanais !

En fait, les manifestants étaient là dans un seul objectif : obtenir immédiatement du Maire et de sa majorité la décision de ne pas fermer la piscine des Ayguinards.

A aucun moment, je dis bien à aucun moment, les élus majoritaires n’ont pu s’exprimer dans le calme. Alors même que les interventions des élus d’opposition étaient écoutées religieusement dans les rangs des opposants au projet de fermeture. Et les invectives volaient à l’encontre des élus majoritaires ; insultes prononcées par quelques agitateurs disséminés (et cachés) dans le groupe de manifestants. Je cite entre autres : voyous, menteurs, racistes, sarkozystes (de mon point de vue, c’est un compliment). Le Dauphiné libéré rapporte ces évènements.

On aurait pu attendre des élus d’opposition un peu de modération et un appel au calme, une fois les pétitions remises au Maire. Las, c’est le contraire qui s’est produit. Une élue d’opposition exhortait les manifestants à crier, en levant les bras, comme au stade. Une autre, bien silencieuse jusqu’à ce jour, sentant « le bon wagon », exprimait son soutien aux manifestants et s’efforçait de prendre le leadership de la suite des évènements (opportunisme quand tu nous tiens !). Un ancien élu a passé une partie de la soirée en alternant l’hilarité et les ricanements. Je ne parlerai pas de l’homme qui est à l’origine de tout cela, qui exultait ouvertement, trop content du succès de son opération.

Mais au-delà de la relation des faits et des postures de chacun, ce qui me paraît bien plus grave c’est la conception que chacun peut avoir de la démocratie. La France est un Etat de démocratie représentative, c’est-à-dire que le peuple élit ses représentants en leur conférant un certain nombre de pouvoirs, de droits et de devoirs. Les élus municipaux sont ainsi élus pour gérer la commune. C’est leur Honneur, et c’est ce qu’ils font. Les citoyens sont amenés à sanctionner cette gestion touts les 6 ans, lors des élections municipales. Certaines collectivités, de plus en plus nombreuses, sont amenées à fonctionner aussi selon un système de démocratie participative. C’est ce qu’à choisi Meylan. Pendant la mandature précédente, la commune a organisé de nombreuses concertations sur des projets importants. J’ai ainsi personnellement assuré la gestion des réunions de concertation pour la piscine des Buclos, pour le Plan Local de Déplacement (PLD). J’ai aussi participé à des réunions de concertation menées dans le cadre de l’Entrée Ouest de Meylan, du Plan Local d’Urbanisme (PLU) …Sans parler des très nombreuses réunions menées avec les meylanais et les associations, dans les quartiers ou lors de projets de moindre ampleur. Meylan concerte, et cela se sait et se dit bien au-delà des frontières de la commune. Je me souviens encore de l’interpellation d’un grand élu (socialiste) de notre agglomération me disant, à la suite de la parution d’un article dans un quotidien local vantant l’une de nos concertations : « Mais pourquoi tu t’emm….. tant ? Moi je fais une réunion publique, et je leur dis ce que je vais leur mettre. Point barre ! » (sic). En fait, l’aspiration idéologique d’une partie du public présent hier au soir, c’était la démocratie directe. Avant chaque décision, on convoque tous les habitants, et ils font le choix. Pas très facile à mettre en œuvre, il faut le reconnaître ! Et surtout porte ouverte à tous les égoïsmes, à tous les lobbys, à tous les excès. Ce n’est pas le système démocratique français. Je le répète, nous sommes en démocratie représentative et pas en démocratie directe. C’est ainsi que fonctionne la France depuis 1789. Et c’est bien comme cela. L’immense majorité des français est d’ailleurs de cet avis.

Et puis j’ai appris cet incident. Un élu a frappé un des manifestants. J’étais déjà parti, un peu rapidement car écœuré par un tel comportement et lassé des invectives et des prises à parti qui continuaient malgré la fin du Conseil. Cet incident est regrettable. Nous ne pouvons tolérer qu’un élu frappe une personne, et c’est pourquoi, malgré toute l’amitié que nous avons pour l’élu en question, nous ne pouvons que condamner cet acte. Cependant, et je le dis bien fort, l’opposition municipale a une grande part de responsabilité dans ce qui s’est passé. Le public présent était avant tout un public de militants de l’opposition, que ses dirigeants avaient mobilisés (et chauffés) afin de perturber volontairement le débat du conseil municipal. Je le rappelle, nous avons voulu débattre, mais l’agitation de l’assistance était telle que ce fut très difficile, à fortiori quand des élus de l’opposition l’agitaient au lieu de la calmer. Dans une interruption de séance, une réunion des Présidents de groupe a été improvisée. Nous avons demandé aux Présidents des groupes d’opposition de calmer leurs troupes. Ils ont refusé. Ce comportement n’est pas digne d’une opposition responsable.

Pour revenir aux évènements de cette soirée, ce que je retiendrai finalement, outre le déni démocratique orchestré par ceux qui se posent pourtant en parangons de la Démocratie, c’est d’abord le déchaînement des passions. Au-delà des passions, j’ai vu de la haine sur certains visages. Et je ne suis pas près de l’oublier, car cette haine m’a surpris, surtout chez certains que je croyais plus mesurés ; les concernant, c’est la déception qui domine.

Je retiendrai aussi la vision de quelques jeunes collégiens (12 ans, 13 ans au maximum), possiblement instrumentés par des adultes, peut-être même par leurs parents. Quelle image leur donnons-nous de la France ? Et que répondront-ils à leurs parents et à leurs maîtres, quand ceux-ci leur parleront de civisme, de respect des hommes et des Institutions ?

Triste soirée en vérité !

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