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Note destinée à Monsieur le Président de la Commission d’enquête sur la Rocade Nord
L’objectif de cette note est de donner des éléments qui expliquent ma posture, qui n’a jamais changé, au sujet du projet de Rocade Nord présenté à l’enquête publique par le Conseil général.
En tant que citoyen et Conseiller général, j’ai adopté, depuis 2006, la posture suivante :
- je suis favorable à un projet de Rocade Nord, projet qui doit être mené en grande urgence ;
- je suis opposé au projet présenté par le Conseil général pour les motifs développés ci-dessous, le principal étant que ce projet ne répond pas à l’objectif initial : désenclaver l’agglomération grenobloise.
En tant qu’adjoint au Maire de Meylan, je partage l’avis de la majorité municipale, et je suis donc défavorable au projet présenté sauf à satisfaire 4 conditions qui permettront une meilleure insertion urbaine au sein de la commune de Meylan, et qui protégeront les meylanais des nuisances engendrées par le projet actuel.
Cette note est développée en 4 points :
- La nécessité absolue de boucler le contournement de l’agglomération grenobloise par une Rocade Nord.
- Le Projet présenté actuellement ne permet pas d’atteindre les objectifs qui étaient annoncés.
- Les caractéristiques que doit présenter la Rocade Nord ; les différents projets en présence.
- Le point de vue du Conseil municipal de Meylan : l’amélioration du projet actuel à défaut de tracé alternatif.
- 1. La nécessité absolue de boucler le contournement de l’agglomération grenobloise par une Rocade Nord.
Pourquoi faut-il une Rocade Nord ? Pour contourner l’agglomération grenobloise.
Pourquoi contourner l’agglomération grenobloise ?
Pour au moins 2 raisons.
- Parce que l’agglomération grenobloise est actuellement victime d’un excès de circulation et d’embouteillages qui engendrent des nuisances multiples, et notamment en termes de pollutions et d’émissions de gaz à effets de serre. Les conséquences aussi bien sur la santé humaine que sur les conditions de vie de notre planète font qu’il est urgent d’agir.
- Pour permettre de désenclaver l’agglomération grenobloise qui, sur le plan économique, souffre de plus en plus cruellement de son isolement. Il faut remettre l’agglomération grenobloise dans le jeu économique régional et national.
La Rocade Nord est ainsi un élément indispensable, reconnu et urgent, du paysage grenoblois.
- 2. Le Projet présenté actuellement ne permet pas d’atteindre les objectifs qui étaient annoncés.
Le projet qui nous est proposé remplit-il les objectifs annoncés ? Non, pour la plupart, car :
- L’agglomération n’est pas préservée. La Rocade nord qui nous est promise n’est pas une rocade. De fait, c’est une voirie urbaine qui prend ses origines et développe une partie de son tracé dans l’agglomération. Si la ville de Grenoble est protégée, par contre, les communes de La Tronche, Saint Martin-le-Vinoux et Meylan, ne verront pas le trafic automobile diminuer, mais au contraire augmenter significativement. Et le fait qu’une partie de ce trajet se fasse en tranchée couverte ne change rien en termes de pollution. En effet, à ce jour, on ne sait toujours pas traiter convenablement les émissions de gaz. Si l’on réalise le projet actuel, des dizaines de milliers de véhicules supplémentaires vont traverser quotidiennement une partie de ces communes qui verront leur pollution augmenter, notamment aux sorties du tunnel, quand bien même le bilan global s’avérerait positif pour l’agglomération.
- Le désenclavement de l’agglomération n’est pas réalisé. Le projet, en prévoyant de limiter le gabarit du tunnel à 3 mètres, ne permettra pas le passage des cars et des camions, que l’on retrouvera en nombre croissant sur la Rocade Sud, au grand dam des habitants des communes du Sud de l’agglomération. Bien plus, des études réalisées tardivement montrent que les bouchons ne sont pas sensiblement diminués aux entrées d’agglomération. Ainsi, l’accès « économique » à l’agglomération ne sera pas facilité.
C’est pour cela que les communes de La Tronche, Saint Martin-le-Vinoux et Meylan ont demandé au Président du Conseil général d’étudier sérieusement des projets alternatifs qui répondent à ces objectifs, en termes de tracé et de gabarit.
Aujourd’hui, le projet présenté, non seulement ne résoudra pas les problèmes de pollution et de désenclavement, mais va pénaliser gravement 3 communes, sans pour autant soulager les autres communes de l’agglomération.
- Sur d’autres plans, de nombreuses interrogations subsistent. Le coût semble de beaucoup supérieur à celui annoncé. Le financement de l’investissement n’est pas encore assuré du fait du retrait de l’ensemble des autres collectivités (Métro, Ville de Grenoble, communautés environnantes). Les modalités de fonctionnement restent à préciser. La Rocade Nord ne peut fonctionner sans adaptation du gabarit de l’A480. Or, il existe manifestement une absence de consensus (y compris au sein de la majorité départementale) sur cette question cruciale : va-t-on augmenter le gabarit de l’A480 à deux fois trois voies ? Et, comme tout est lié, la réponse à cette question introduit le sujet de la poursuite (ou non) de l’A51.
- 3. Les caractéristiques que doit présenter la Rocade Nord ; les différents projets en présence
A quels impératifs doit répondre la Rocade Nord, pour atteindre ses objectifs ?
- la Rocade Nord doit compléter l’anneau de rocade, c’est-à-dire relier la Rocade Sud à l’A 480.
- la Rocade Nord doit permettre le passage des transports en commun, des véhicules de sécurité et des poids lourds. Il en va de la qualité de vie des communes traversées par la Rocade Sud, qui ne peuvent supporter plus longtemps un trafic de poids lourds polluant et bruyant.
- la Rocade Nord ne peut pas être différée plus longtemps. Elle seule peut permettre de diminuer rapidement les nuisances et la pollution ; elle seule peut permettre le plan de circulation en marguerite dans l’agglomération qui avait été envisagé par le PDU, et qui pourra, associé au développement des transports en commun et des modes doux, permettre une circulation apaisée des véhicules automobiles dans la ville-centre.
2 familles de projets étaient en présence.
- La famille DDE – “Cumin”
qui propose de fait une Rocade “intra muros”, voire une voirie urbaine. Cette famille regroupe des projets minimalistes dans le sens où ils récupèrent la circulation en bordure, voire au cœur de l’agglomération (au delà des bouchons existant). Outre le fait qu’ils ne prennent pas en charge les véhicules de grand gabarit, l’un des inconvénients majeurs de cette famille de tracé est qu’ils acheminent des véhicules dans des zones déjà urbanisées ou en voie de l’être, avant de les faire pénétrer dans le tunnel. Ce qui a pour conséquence le fait que le problème des entrées de ville n’est pas vraiment résolu. Le prix “environnemental” à payer est très élevé (nuisances et pollutions de tous types, désordres urbanistiques, …), aussi bien pendant les travaux, qu’après.
Le projet DDE comporte des aléas techniques, et corollairement financiers, qui ont été jugés trop importants. Ce projet a été repoussé, à juste titre de mon point de vue.
Le projet “Cumin”, qui élimine en grande partie les aléas techniques, présente un atout important : son moindre coût annoncé, qui rend un partenariat public – privé envisageable. Cependant, il engendre des perturbations et des nuisances qui sont trop élevées pour les communes de la Porte Est (Meylan et La Tronche). C’est ce projet qui a servi de base au projet du CGI.
- La famille des projets “Cognet ».
Les projets car il existe plusieurs variantes possibles.
Il s’agit là d’un véritable projet de Rocade, qui répond aux objectifs. Il offre l’avantage supplémentaire de pouvoir s’intégrer dans un projet d’ensemble de contournement de l’agglomération grenobloise, en s’articulant avec le contournement Nord – Sud, selon des principes qui sont tombés en désuétude depuis 1995.
Il s’avérerait intéressant de privilégier l’approche fonctionnelle, au détriment de l’approche financière, tant il est vrai que cette dernière conduit toujours à des projets minimalistes qui ne règlent jamais vraiment les problèmes et n’anticipent pas l’avenir[1]. En raison de tous les arguments développés ci-dessus, le projet “Cognet” est à l’échelle des enjeux, contrairement aux deux précédents.
C’est de fait la famille des projets « Cognet » qui aurait du être retenue. La nouvelle variante que présente Jean Cognet mérite une attention particulière. Les 2 entrées sont les suivantes : une au niveau de Meylan dans le prolongement de la Rocade Sud, l’autre à Saint Martin le Vinoux, au niveau de la bifurcation A48- A480.
- 4. Le point de vue développé dans la délibération du Conseil municipal du 9 novembre 2009 : l’amélioration du projet actuel à défaut de tracé alternatif
Je n’en reprendrai que la conclusion :
Le Conseil municipal,
Sur le fond
APPROUVE à nouveau sans réserve le principe même d’un contournement nord de l’agglomération grenobloise. Cet ouvrage va en effet permettre un développement et une efficacité accrue des transports en commun et une augmentation de notre performance économique.
REAFFIRME donc avec force la nécessité de réaliser cet ouvrage EN URGENCE.
Sur le projet technique présenté par le Département
REGRETTE vivement que les propositions de Meylan pour améliorer le projet, présentées et argumentées dans la précédente délibération du 15 décembre 2008 et reprises ci-dessus, n’aient pas été retenues par le Département.
DEMANDE absolument :
- La couverture de la Rocade Nord/A41 depuis le Civerin.
- Un échangeur complet à Meylan.
- Une aspiration et un traitement des gaz d’échappement avant rejet, afin que cet aménagement ne produise pas de pollution atmosphérique supplémentaire sur Meylan.
- Que le projet se mette en conformité avec les lois sur l’air, sur l’eau et issues du Grenelle de l’environnement.
Au final
DONNE un avis DEFAVORABLE au dossier jusqu’à ce que les quatre demandes ci-dessus soient pleinement étudiées et prises en compte par le Département de l’Isère.
Pour conclure
Globalement, la question posée est celle de l’avenir économique de toute la région urbaine grenobloise. Veut-on remettre Grenoble et sa région au centre d’un ensemble économique et scientifique cohérent ? Ou veut-on revenir à CULARO, belle bourgade fondée par nos ancêtres Allobroges, mais dont le nom « champ de courges » en dit long sur le paysage économique de l’époque ?
Le temps presse : il est urgent, pour Grenoble et son agglomération, de réaliser LE bon projet de Rocade nord. De mon point de vue, le projet développé récemment par Jean COGNET est celui qui rassemble le plus de point positifs (avec un gabarit de 4,5 mètres), aussi bien par ses conséquences économiques que par son impact environnemental moindre, et l’ouverture des nouvelles possibilités d’urbanisation qu’il permet.
Mais il faudra aussi prévoir d’associer ce projet avec l’adaptation du gabarit de l’A480 (triplement de la tangentielle Nord-Sud) et la finalisation de l’A51.
[1] Pour illustrer ce propos, une Rocade Sud permettant une évolution vers deux fois trois voies (il eut suffit de dimensionner les ouvrages de franchissement et de dimensionner les emprises) aurait coûté certes plus cher, mais aurait gardé une fonctionnalité convenable aujourd’hui, … et de se donner le temps d’une vraie réflexion sur le contournement de Grenoble ! ! !

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Voilà un vrai référentiel d’informations solides et fondées, comme toujours de la part de l’auteur. Il servira à toutes celles et tous ceux pour lesquels le développement économique de notre territoire compte et qui ne trouvent plus de réponses, ni dans l’inconscience des écologistes qui refusent de tenir compte de la réalité, ni dans l’entêtement des socialistes qui s’acharnent à défendre un projet qui, à l’évidence, ne redonnera pas à notre territoire l’attractivité qu’il est entrain de perdre. Une troisième voix(e ?), très Gaulliste en somme !!
Bonne suite Jean-Claude
Je pense qu’aux fonds de leurs bureaux respectifs Monsieur Michel DESTOT et Monsieur André VALLINI pourraient défendre en leurs âmes et consciences (Techniques et Politiques ) ce projet …mais auront-ils ce courage de le reconnaitre ? sans doute préférent-ils que le Commissaire Enquêteur prenne la décision d’émettre un AVIS DEFAVORABLE au projet CGI ?
Ils pourront dire que ce n’est pas de leur faute : quel bel exemple de vertu Politique ( dans le sens courage , bien sûr ! ).
Pierre