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Qu’est ce que la note souveraine d’un état ?
La « note souveraine » est une note délivrée par une agence de notation financière. Ils existent trois grandes agences dans le monde : Moody’s, Standard & Poor’s, et Fitch Ratings. Ces sociétés évaluent les entreprises et les états, à leur demande, en leur attribuant une note. Cette note indique pour les entreprises le risque « de non remboursement de capital », c’est-à-dire si un investissement dans ces entreprises est risqué ou non.
Dans le cadre de l’évaluation d’un pays, cela se traduit par l’attribution d’une note à la dette publique, influant directement sur la capacité d’emprunter dudit pays pour rembourser ses créances.
Globalement, ces notes peuvent aller de AAA (note de première qualité) à D (en défaut). A titre d’exemple la France et l’Allemagne sont notées AAA ; la Grèce CC (en défaut avec peu d’espoir de remboursement), le Portugal BBB- (note de qualité moyenne inférieure).
La note AAA de la France indique que « notre capacité d’honorer nos obligations n’est pas a remettre en question peu importe les circonstances »
Une dégradation de cette note signifierait que l’investissement en France – au vu de la dette publique – deviendrait plus risqué. Cela engendrerait automatiquement l’augmentation des intérêts de notre dette, provoquant un alourdissement de son montant.
Cette note détermine donc la capacité d’engagement financier international. Mais cette note est-elle bien fiable ? Plusieurs critiques sont faites sur ces agences de notations.
La première est relative au quasi monopole qu’entretiennent les trois agences américaines, ne laissant aucune place aux agences Chinoises ou Européennes.
La seconde concerne les conflits d’intérêts. Les agences dévalueraient des pays, engendrant une chute des marchés financiers, tout en organisant des opérations de spéculation à la baisse.
Enfin, la dernière critique est celle de la compétence. Au vu de leur influence, ces agences de notation possèdent un véritable pouvoir « de vie ou de mort » sur l’économie d’un pays. Il est donc normal d’espérer qu’elles soient fiables. Ce qui n’est malheureusement pas toujours évident. Ainsi, en 2001, la banque multinationale Enron était notée AAA par toutes les agences de notations le jour de son dépôt de bilan. De même, Lehman Brothers (la banque à l’origine de la crise de 2008), a été dévaluée par Moody’s le 10 septembre 2008. Quand on sait que Lehman Brothers a été déclaré en faillite le 13 septembre (trois jours après), alors que la crise des subprimes a débuté en aout 2007, on reste perplexe sur la capacité de ces agences à évaluer la santé économique d’un pays, et bien davantage à prédire son évolution.
Pour autant, au-delà de ces critiques que l’on peut légitimement formuler, il faut bien comprendre aussi que critiquer l’outil de mesure ne doit pas être une manière d’évacuer le problème des dettes souveraines. Critiquer les agences de notations, c’est un peu comme si l’on critiquait le thermomètre quand il donne une température trop élevée. Le vrai problème ce n’est pas la notation. Le vrai problème c’est l’addiction à la dette de nos pays occidentaux. Bien sûr, il faut se pencher sur la fiabilité et la qualité de la notation des grandes agences. Mais la vraie urgence aujourd’hui c’est le désendettement. Et Nicolas Sarkozy l’a bien compris qui a fait de l’adoption de la Règle d’Or une de ses priorités.

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