
Le Département de l’Isère soumet à la concertation préalable du 15 novembre 2008 au 15 janvier 2009 son projet de Rocade Nord. Dans ce cadre, la commune de Meylan a pris une délibération lors du Conseil municipal du 15 décembre pour donner son avis sur le projet présenté par le Conseil général. Il s’agissait de :
• réaffirmer le soutien au principe de la Rocade nord, notamment dans un souci d’efficacité économique, de solidarité avec les Communes du sud de l’agglomération et de meilleur fonctionnement de la Ville.
• rejeter le projet présenté et exiger un meilleur projet pour les habitants en général, et les meylanais en particulier.
Cette délibération a été votée à la majorité.
Le groupe Libre et Citoyen (Mme Caroline Ronin membre unique du groupe) n’était pas présent ; son mandant, manifestement sans consigne de vote, s’est abstenu. Les groupes Meydia, du Parti socialiste, et des Verts ont voté contre cette délibération.
Cette opposition peut surprendre de la part de certains, car il s’agissait essentiellement de préserver la qualité de vie des habitants, tout en n’obérant pas l’avenir en termes d’aménagement de la commune.
Voici la délibération in extenso que j’ai rapportée au Conseil municipal.
Objet : Avis sur le projet de Rocade Nord
Le rapporteur rappelle au Conseil Municipal que le Département de l’Isère soumet à la concertation préalable du 15 novembre 2008 au 15 janvier 2009 son projet de Rocade Nord.
Compte tenu des très forts enjeux sur la Commune, il propose au Conseil Municipal de se prononcer sur ce projet et de le faire en deux temps : d’abord sur le principe de la Rocade Nord, ensuite sur le projet du Département.
1- SUR LE PRINCIPE DE LA ROCADE NORD
La rocade nord fait l’objet de réflexions et de réunions publiques depuis les années 1990. De nombreuses études ont été engagées, avec ou sans rocade nord, pour apprécier ses avantages et ses inconvénients. Le principe du « plan marguerite », articulé autour de la rocade nord et favorisant le développement des transports en commun, a été adopté en 2000 par les instances démocratiquement élues pour cela, dans le cadre du plan de déplacements urbain (PDU). Annulé en 2006 par le tribunal administratif, il est à nouveau adopté en 2007, toujours avec la Rocade Nord. Suite à un nouveau recours des élus écologistes, ce document vient d’être une nouvelle fois annulé, pour des questions de forme.
Sur le fond, le Département de l’Isère met en avant les atouts suivants : une circulation plus fluide sur l’ensemble de l’agglomération grenobloise, des déplacements améliorés pour tous les Isérois grâce à un « ring » urbain complet reliant les pôles urbains entre eux, moins de voiture au cœur de l’agglomération notamment sur les principaux boulevards, et enfin de nouvelles perspectives pour les transports en commun.
Le rapporteur ajoute que la rocade nord, c’est aussi une question de solidarité avec les Communes du sud grenoblois qui supportent seules, et depuis de nombreuses années, les nuisances de la rocade sud. Il convient de ne pas reproduire aujourd’hui les mêmes erreurs commises pour la rocade sud, véritable coupure urbaine au sein de l’agglomération.
Il rappelle aussi la responsabilité que nous avons de laisser à nos enfants une ville équilibrée qui respecte à la fois l’équité sociale, l’efficacité économique et la préservation de l’environnement.
2- SUR LE PROJET DU DEPARTEMENT
• Le tracé proposé, en ne raccordant pas directement l’A480 à la rocade sud, ne remplit pas parfaitement son rôle de contournement
• Les échangeurs sont trop limités, en nombre et en complétude, au détriment de l’accessibilité à l’ouvrage et donc de l’efficacité du « plan marguerite ».
• Le principe de la tranchée couverte est intéressant tant pour la diminution des nuisances, que pour l’intégration et le développement urbain. Malheureusement ce principe est pratiquement oublié sur Meylan.
• L’utilisation de l’autoroute A41 comme premier tronçon « tout fait » de la rocade nord est économique dans l’immédiat. Mais il hypothèque durablement le projet urbain de la porte nord-est de l’agglomération grenobloise et augmente considérablement les nuisances.
• Le décalage du tracé vers le sud depuis le Civerin, proposé par « Interland », n’a pas été retenu. Or, outre un chantier plus aisé, il préfigure et rend plus facile la concrétisation du projet urbain de la porte nord-est.
Au vu de cette présentation, et après en avoir délibéré, le Conseil Municipal
APPROUVE sans réserve l’analyse du Département concernant la nécessité de la rocade nord et les atouts de cet ouvrage pour chacun des habitants de l’agglomération grenobloise
REAFFIRME avec force qu’il faut donc absolument faire la rocade nord et en urgence
MAIS
REJETTE le projet tel que présenté aujourd’hui par le Département
DEMANDE un meilleur projet répondant aux objectifs suivants : diminution des nuisances, meilleure accessibilité à l’ouvrage, soulagement des voiries communales,
DEMANDE l’intégration, dans le projet Rocade Nord, du projet de la porte nord-est de l’agglomération grenobloise, proposé par l’urbaniste Franck Hulliard (Interland) de façon cohérente dans trois dossiers différents : étude intercommunale de prospective urbaine (Métro), plan Campus (université), assistance à maîtrise d’ouvrage de la Rocade Nord (Département de l’Isère). Ce projet comprend notamment :
• Une plate-forme intermodale (arrêt tram, parc relais, espace de promenade), • Des équipements structurants au Civerin, • Le démarrage de la Rocade Nord dès le Civerin, • La requalification de l’A 41 en boulevard urbain, • La préservation et la mise en valeur d’un corridor biologique (forêt alluviale), • Un « espace promenade » reliant le parc Paul Mistral à La Taillat.__
EXIGE donc le raccordement de la rocade nord directement à la rocade sud et le prolongement du principe de la tranchée couverte jusqu’au Civerin.
CONSTATE enfin que ces objectifs sont en parfaite adéquation avec les travaux préfigurant la Directive Territoriale d’Aménagement (DTA) pour les Alpes du Nord.