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Président de la Cour des comptes depuis 2004, Philippe SEGUIN est décédé dans la nuit du 7 janvier à son domicile d’une crise cardiaque à l’âge de 66 ans.

Je reprends ci-dessous l’hommage que lui a rendu le Premier Ministre, François FILLON.
 

 

 
À l’aube, j’ai appris avec une profonde tristesse le décès de Philippe Séguin. Cette disparition brutale est une déchirure avec des années de complicité politique, mais surtout personnelle.
Hier matin, il était ici même, et je voyais encore dans ses yeux cette ironie tendre, qu’il me réservait en me voyant assumer mes fonctions de Premier ministre, lui qui me regardait toujours comme le jeune parlementaire qu’il avait choisi de prendre sous son aile.
Aujourd’hui je perds un ami, et la France perd l’un de ses plus grands serviteurs et l’une de ses plus belles voix politiques. Une voix tonitruante, profonde, toujours féconde, une voix aussi parfois tourmentée.
Philippe Séguin avait la passion de la France, né dans le souvenir d’un père qui avait donné sa vie pour elle. Une passion dévorante, tenace, ombrageuse, qui le conduisit de son « non » au Traité de Maastricht, à sa démission fracassante de la présidence du Rassemblement pour la République, à agir de façon frondeuse.

Philippe était fier et inclassable. Mais il était fidèle aux valeurs du gaullisme comme on est fidèle à une épopée qui exige de tout donner. Philippe Séguin fut, à Epinal, un maire exceptionnel, lui qui était né dans la lumière de Tunis. L’ancien élève de l’Ecole normale d’instituteurs du Var fut à l’Assemblée nationale, un parlementaire dont l’éloquence imprégnera longtemps encore les murs du Parlement. Il fut un grand ministre des Affaires sociales et de l’Emploi ; il restera comme l’un des présidents de l’Assemblée nationale parmi les plus brillants et les plus respectés.

Par delà les partis et par delà les clivages politiques et idéologiques, l’aura et la culture de Philippe Séguin s’imposaient à tous. Son autorité et son rayonnement intellectuel ne laissaient personne indifférent. Chacun pressentait que dans son patriotisme ombrageux, il y avait en quelque sorte une part de notre histoire nationale.

Après avoir tellement donné à la politique, il se voua totalement et avec la même intensité à la Cour des Comptes, qu’il présidait depuis 2004. Dans cette charge, il était encore et toujours l’homme que l’on écoute. La République était le fil de la vie de Philippe Séguin. Ce matin, ce fil s’est rompu et je pense avec émotion à sa famille.

Jacques ALCARAZ, Conseiller délégué de Corenc, lisant le le message de Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants, entouré de Jean-Pierre VICARIO, Maire de Corenc, Jean-Claude PEYRIN, Conseiller général, Pierre JOIRE et Jacques FLANDRIN, Adjoints au Maire de Corenc, Jérôme BOULLE, Conseiller délégué.

Comme chaque année, j’étais présent aux commémorations des communes de Meylan, Corenc et La Tronche.

Parmi les discours qui ont été prononcés, j’ai souhaité vous rapporter celui de Jean-Pierre VICARIO, Maire de Corenc, qui évoque, notamment, la grandeur du Général de Gaulle, et qui nous dit comment il fait vivre le civisme et le patriotisme chez les plus jeunes citoyens dans sa commune.

Commémoration de l’Armistice de 1945 Allocution de Jean Pierre Vicario, Maire de Corenc, Conseiller Communautaire

Lorsque, le 8 mai 1945, le général Jean de Lattre de Tassigny, commandant la 1ère Armée Française, signe au coté des Maréchaux Joukov et Tedder et du général Saatz, l’acte de reddition de l’Allemagne nazie, sa présence, au nom de la France, est le symbole d’un formidable retournement de situation. La France vaincue, écrasée, occupée, humiliée, de 1940 retrouve le camp des vainqueurs. Elle le doit à l’audace d’un homme, le général de Gaulle.

En juin 1940, la France, première puissance militaire de l’Occident est écrasée en quelques jours par la ruée irrésistible des panzer-divisions de Guderian et de Rommel. Malgré le courage de nos soldats, 100 000 d’entre eux seront tués, la population fuit sur les routes, mitraillée par les stukas à croix noires.

Face à ces jeunes généraux Allemands aux visages émaciés sous leurs casques d’acier, la vieille Europe parait impuissante. La voix rauque d’Adolf Hitler semble tétaniser le monde libre. En France, le plus prestigieux de nos Maréchaux, Philippe Pétain, le vainqueur de Verdun, déshonore ses étoiles dans une poignée avec le dictateur.

Seule une voix s’élève sur les ondes de la B.B.C., une voix que bien peu entendront, mais qui changera le destin du pays. C’est celle d’un simple général de brigade, spécialiste des blindés, réfugié à Londres, Charles de Gaulle. En refusant contre toute raison la défaite, en niant la légitimité du gouvernement de Vichy soumis à l’occupant, en prétendant seul incarner la légitimité républicaine, en affirmant qu’à travers lui la France poursuit le combat, de Gaulle pose un acte fou qui pourrait sembler dérisoire. Cette folie ancre pourtant la France vaincue dans le camp des futurs vainqueurs.

Les années noires passent, avec leur cortège d’héroïsme, de lâchetés et surtout de souffrances. Mais, au fil des mois, sur les ondes brouillées de la radio de Londres, des voix s’adressent au pays occupé : Kessel, Druon, ces noms sont alors inconnus, ils vont devenir légendaires. Petit à petit, l’espoir change de camp : L’Angleterre martyrisée sous les bombes mais pas vaincue, l’entrée en guerre des Etats-Unis, le combat titanesque de Stalingrad… La France elle-même est de retour au combat, de Gaulle n’est plus seul. Sur le territoire occupé de la métropole, des hommes et des femmes résistent, renseignent les alliés, désorganisent les communications Allemandes et affrontent parfois directement l’occupant. C’est le martyr des héros des Glières ou du Vercors, c’est le combat des maquisards de Corrèze retardant la redoutable et sinistre division SS Das Reich qui tente de rejoindre le front de Normandie.

En Afrique, Leclerc à la tête de sa 2° DB, a combattu avec succès le plus grand des Maréchaux Allemands, Erwin Rommel. Et puis c’est la campagne d’Italie, le Maréchal Juin, vainqueur sur le Garigliano, ouvre aux alliés la route de Rome. Les troupes d’Afrique affrontent victorieusement les parachutistes Allemands sur les pentes de Cassino. Et les alliés débarquent en Normandie, de Lattre et sa 1ère Armée libère la Provence, Leclerc entre dans Paris, notre ami Albert Pelen, récemment disparu le rejoint. Encore les terribles sursauts des Allemands avec l’offensive Rundstedt dans l’hiver glacial des Ardennes puis c’est la ruée vers Berlin. Et c’est le 8 mai. Les combats cessent en Europe mais la guerre n’est pas terminée. Ce n’est que le 2 septembre 1945 que le Japon capitule à son tour. Là aussi, la France est présente en la personne du général Leclerc.

Ce que je voudrais souligner aujourd’hui, c’est l’importance de l’acte fondateur du 18 juin. Je ne suis pas adepte des citations, pourtant ce sont bien les mots d’André Malraux qui expriment le mieux la portée des paroles du Général de Gaulle : « La force des appels de juin 40 tenait moins aux « forces immenses qui n’avaient pas encore donné », qu’à : « Il faut que la France soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur ». La France, et non telle légion de combattants français ».

Rappeler ce que nous devons au fondateur de la France Libre qui n’hésita pas à assumer, seul contre presque tous, ce qu’il croyait être l’honneur de notre pays, nous conduit bien entendu, à rendre hommage à celles et ceux qui partagèrent son combat. De toutes origines, de toutes opinions, de toutes croyances, ces hommes et ces femmes donnèrent tout, y compris leur vie pour notre pays. Pour notre pays et pour ce qu’il symbolise, la liberté, l’humanisme, une certaine manière de vivre ensemble. Chacun ici doit méditer leur exemple et, plutôt que d’étaler à l’envie les bassesses et la lâcheté de quelques-uns, je préfère offrir aux générations qui viennent, la belle image des héros.

Mais je ne voudrais pas achever mon propos sans tenter de tirer la leçon essentielle du 8 mai 1945. Depuis 64 ans, l’Europe Occidentale connaît la paix, la liberté et la prospérité. C’est un fait unique dans notre histoire, car l’histoire de l’Europe est l’histoire des guerres entre Européens dont 1914 – 1918 et 1939 – 1945, ne sont que le dernier acte. Cette paix, cette qualité de vie enviée de par le Monde, n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte de la volonté de quelques visionnaires, ceux que l’on a appelé les « Pères Fondateurs de l’Europe ». Parmi eux, au risque de surprendre, je compte le général de Gaulle, oui, de nouveau le général de Gaulle. Loin de certaines caricatures de la pensée qui fut la sienne, ses actes parlent. C’est bien lui qui scellera la réconciliation Franco-allemande avec le Chancelier Adenauer, et c’est bien lui qui imposera l’application du Traité de Rome dont la IV° République finissante voulait demander le report.

La construction d’une Europe unie, fraternelle est le plus grand projet politique, au sens le plus noble, qui soit proposé à la jeunesse. Bien sur, on pourra discuter tel ou tel aspect des politiques Européennes, s’agacer de tel ou tel règlement. Mais au regard de ce que représente l’amitié des peuples et des nations hier ennemis, ces critiques sont dérisoires. Tel est le sens que je souhaite donner à deux évènements qui se dérouleront dans les jours qui viennent.

En effet, deux réceptions se dérouleront dans notre mairie de Corenc.

La première, le 18 mai à 18 heures au cours de laquelle j’accueillerai les jeunes Corençais qui voteront pour la première fois lors des élections Européennes et leur remettrai leur carte d’électeur.

Lors de la seconde, le 4 juin à 14 heures 30, ce seront les élèves de CM1 qui viendront en Mairie pour une rencontre à l’occasion du 90° Anniversaire du Traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, marquant la fin de la 1ère Guerre Mondiale.

Le Devoir de Mémoire, c’est cela aussi.

Chers lecteurs, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Je voudrais vous présenter mes meilleurs vœux pour 2009.

Je vous souhaite tout d’abord la santé pour vous et votre famille. Je crois en effet que c’est le principal espoir que l’on puisse nourrir : vivre en bonne santé au sein d’une famille unie. J’ai la conviction que, sans ce socle indispensable, le « reste » n’est pas suffisant. Je vous souhaite aussi la prospérité, surtout à ce moment où les indicateurs économiques sont à l’orange, si ce n’est au rouge. Prions, mais aussi agissons partout où nous le pouvons, pour que l’impact de la crise ne soit pas aussi dramatique que certains nous l’annoncent. Enfin, car chacun a son jardin secret, je formule le vœu que vos souhaits les plus personnels se réalisent.

Au-delà de ces vœux, je voudrais revenir sur l’année 2008.

Une année riche en évènements qu’il serait ambitieux de vouloir envisager dans leur exhaustivité ; la presse l’a fait mieux que je ne pourrais le faire. Aussi, je ne reviendrais que sur quelques uns, qui me paraissent notables. Je vous parlerai d’élections, de la crise mondiale, de la France, du Président Sarkozy et de notre territoire.

2009 : l’année des crises. A partir de la fameuse affaire des subprimes, et partant des États-Unis, nous avons assisté à la constitution d’une spirale calamiteuse qui a vu se mettre en place et coexister : une crise immobilière et une crise du crédit, aux Etats-Unis d’abord, avec une rapide généralisation mondiale ; une crise bancaire touchant essentiellement les banques d’affaires (selon le modèle anglo-saxon), mais affectant aussi malheureusement les banques commerciales qui se sont trop souvent montrées imprudentes. Il s’en est suivi une crise financière, avec une chute des Bourses mondiales. Et maintenant, une crise économique, avec une croissance économique mondiale en chute libre, voire une récession qui s’amorce dans de nombreux pays. Pour mettre fin à cette spirale, et éviter que de tels égarements puissent se reproduire, il est urgent de mobiliser conjointement Adam Smith, Colbert, et John Maynard Keynes.

2009 : l’année Sarkozy. Les Etats essayent d’enrayer ces scénarios catastrophes, avec une difficulté évidente à coordonner leurs actions. Face à la tourmente, le Président Sarkozy a acquis une stature d’Homme d’Etat. Président de l’Europe, il a dominé la mêlée de la tête et des épaules, faisant adopter à nos partenaires européens des mesures indispensables. J’ai la conviction que nul autre que lui n’aurait géré la crise avec autant de clairvoyance et d’efficacité. Dieu et les Français nous ont bienheureusement préservés de Ségolène Royal. Grâce leur en soit rendue. Pour moi, et n’en déplaise à certains esprits chagrins, Nicolas Sarkozy est l’Homme de l’année.

Comme lui, je préfère un omniprésident plutôt qu’un roi fainéant. A se sujet, et s’agissant de roi fainéant, beaucoup se demandent qui est visé. Pour ce qui me concerne, je crois que Nicolas Sarkozy ne visait personne en particulier. A la réflexion, peut-être a-t-il voulu évoquer l’immobilisme de François Mitterrand qui a été actif les deux premières années de son mandat, puis, a pris du recul. Prenant conscience qu’il s’était lourdement trompé entre 1981 et 1983, il s’est ensuite limité à une politique opportuniste, et parfois populiste, menée au détriment de la France et des Français pendant deux septennats. Je formule le vœu que le Président Sarkozy ait la force et le courage de poursuivre la Grande Réforme de la France que nous sommes nombreux à espérer. Il en va de notre avenir à tous.

2009 : une année électorale.

Les États-Unis ont élu Barack Obama. J’ai consacré récemment un billet à cette élection. Je formulerai simplement le vœu que le Président Obama ne déçoive pas l’espoir qu’il a suscité auprès des américains, mais aussi dans bon nombre de pays du monde. Je ne pense pas qu’il sera le Président du Monde, comme on a pu le lire dans certains journaux enthousiastes après son élection. Il faudra le juger sur sa posture internationale (et en particulier sur son attitude au Proche Orient), et, surtout, sur sa contribution à la mise en place d’une régulation du monde bancaire, financier et économique, et sur sa capacité à faire respecter les décisions qui seront prises. La politique intérieure qu’il mènera sort de mon propos aujourd’hui. Quoiqu’il en soit, son élection restera un évènement.

La France a vu se dérouler les élections municipales et cantonales. Pour ne parler que de notre territoire, la gauche a conforté ses positions. La gauche était déjà installée confortablement à la tête de la Région Rhône-Alpes. Le Parti socialiste sort consolidé à Grenoble, Michel Destot éliminant sa minorité écologique au profit d’une minorité issue du Modem bien moins remuante, voire soumise (à quel prix ?). Fort de cette majorité pacifiée, Michel Destot à ainsi osé augmenter les impôts des grenoblois de 9%. J’avoue ne pas encore en être revenu. Les grenoblois sauront-ils s’en souvenir ? La victoire d’un Maire UMP à La Tronche n’a pas permis d’affaiblir (numériquement) la majorité de Didier Migaud à la communauté d’agglomération (la Métro). Le soutien sans faille des maires communistes et, plus étonnamment, de quelques communes « centristes » lui permet de garder une majorité tout aussi confortable. Quand au Président du Conseil général, André Vallini, la conquête de plusieurs cantons grenoblois par des candidats socialistes aux dépends de Conseillers généraux sortants UMP lui permet, lui aussi, de conforter sa majorité.

Limitant ce recul de la droite, j’aurais eu le plaisir cette année de prendre la succession du Sénateur Guy Cabanel, comme Conseiller général du Canton de Meylan, canton qui regroupe les communes de Meylan, La Tronche, Corenc et Le Sappey en Chartreuse. Les électeurs m’ont permis de triompher avec le bon score de 55,6% des voix au deuxième tour, malgré une campagne très active (et très soutenue par le Parti socialiste) de ma concurrente, dans laquelle le Président Vallini s’était investi personnellement.

Je formulerai le vœu que cette hégémonie de gauche sur nos territoires puisse être entamée dans les années qui viennent. En ce début d’année 2009, je prends l’engagement de m’investir personnellement, et avec la force de travail que l’on me connait, dans ce combat pour la reconquête. J’espère avoir bientôt de bonnes nouvelles à vous donner en ce sens.

2009 : l’année de tous les espoirs. Outre les vœux personnels que j’ai formulés au début de ce billet, j’ai l’espoir de voir s’ébaucher la fin de la crise, je crois en la poursuite de la Réforme de la France par le Président Sarkozy, et j’aspire à entamer la reconquête de nos territoires, aidé de ceux qui défendent nos valeurs et nos idées.

Chers amis, je vous souhaite une bonne année.

Joyeux Noël

25 décembre 2008 - Mémoire

1 réaction

La signature de l’armistice le 11 novembre 1918 à Rethondes (Photo prise juste après la signature de l’Armistice avec au premier plan le maréchal Foch, encadré par les amiraux britanniques Hope et Rosslyn Wemyss).

Au lendemain du 90ème anniversaire du 11 novembre 1918, le rapport de l’historien André Kaspi est l’objet d’une controverse.

Dans un « chat » au Monde.fr, l’historien et président de la commission pour la modernisation des commémorations publiques estime que « plus on crée des commémorations, et plus on met en concurrence des mémoires différentes ».

Quel accueil le gouvernement a-t-il réservé à votre rapport ce matin ?

André Kaspi : Mon rapport a été reçu ce matin d’une manière très acceptable, en particulier toute la partie qui est consacrée aux nouveaux rituels, à la nécessité pour chaque commune de prendre des initiatives. Ce que le ministre ne souhaite pas en revanche, c’est que l’on touche aux commémorations existantes pour le moment. Mais à vrai dire, désormais le débat est ouvert. Et l’on prend conscience qu’il ne faut pas créer de nouvelle commémoration dans l’immédiat.

Pour lire la suite de ce chat, cliquez sur ce lien.

Dans Le Figaro, le président du groupe des députés UMP, Jean-François Copé, s’est déclaré hostile à la suppression de ces « rendez-vous nationaux ».

Dès dimanche soir sur France Info, le secrétaire d’Etat aux anciens combattants Jean-Marie Bockel est lui aussi monté au créneau : pas question d’aller vers un « Memorial Day à la française (…). Toutes les dates ont leur importance ». « Autant je suis contre l’inflation mémorielle, autant je suis contre la remise en cause de commémorations existantes, qu’elles soient nationales ou autres », a-t-il précisé à l’AFP, estimant aussi qu’ »avec la mort cette année du dernier des poilus de 14-18, on passe de la mémoire à l’Histoire, les jeunes doivent s’y intéresser« .

Au-delà du choix des dates, il faut faire évoluer l’organisation des commémorations en essayant d’y associer un public plus large, notamment parmi la jeunesse et les écoliers, considèrent les rapporteurs. Le chef de l’Etat avait donné le ton le 10 janvier, observant que « les cérémonies doivent évoluer (…) pour toucher un public plus jeune qui n’a pas connu ce que nous commémorons ».

Pour lire le rapport de la commission de réflexion sur la modernisation des commémorations publiques, rédigé sous la Présidence d’André KASPI, cliquez sur ce lien

Ce 11 novembre 2008, les élus, les associations de combattants et un nombreux public étaient réunis dans chaque commune de France, afin de commémorer l’armistice du 11 novembre 1918, il y a 90 ans.

En tant que Conseiller général du Canton de Meylan, je me suis donc rendu successivement à Meylan, Corenc, et La Tronche (je n’ai pas pu me rendre au Sappey car les commémorations se déroulaient aux mêmes heures, et il m’a fallu faire un choix).

Outre le recueillement de tous, deux choses m’ont frappé : le nombre de plus en plus grand de personnes qui s’étaient déplacées, malgré une pluie soutenue ; et un nombre chaque année croissant d’enfants, qui non seulement étaient présents, mais participaient aux cérémonies.

Les uns lisaient des extraits de lettres de poilus ; d’autres des paragraphes de livres concernant la guerre de 14-18 (ainsi un extrait de l’ouvrage d’Erich Maria Remarque : A l’Ouest, rien de nouveau, …) ; d’autres enfin chantaient la Marseillaise. J’ai été ému par le sérieux de ces enfants, parfois très jeunes.

Un souvenir personnel m’est revenu en mémoire. Je me suis revu, à peine adolescent, chantant le « Chant des Partisans », au sein de la chorale dirigée par mon professeur de piano, devant le Monument aux Morts de Voiron, un 11 novembre, à une époque ou le souvenir de la guerre de 39-40 n’était pas si ancien (ce devait être au début des années 60). A l’époque, les poilus étaient encore nombreux, et les témoignages que nous avions étaient directs !

A Corenc, une dame nous a lu le très beau poème d’Arthur RIMBAUD, le dormeur du Val.

Je le reproduis ci-dessous, en hommage à tous ces hommes qui ont combattu ou qui sont morts pour la France, et à ces femmes qui ont « tenu » leur famille et la France pendant l’absence de ceux qui se battaient.

Ce poème est une magnifique dénonciation de l’horreur de la guerre.

A l’occasion du 64ème anniversaire de la Libération de Meylan, je voudrais citer quelques lignes extraites du livre remarquable de Jean BILLET : « Meylan, une ville intégrée dans notre siècle ».

« La France qui a été défaite en 1940, fait place très vite à la France résistante. Les services clandestins de santé, d’intendance, de transports, d’armurerie, de prévôté (service de police) s’organisent dans la clandestinité.

Meylan se trouve au centre des activités de maquis et de commandos car située à proximité de Grenoble, de la Chartreuse et du Grésivaudan. Un groupe Franc s’est installé derrière l’église et des dépôts de matériels sont constitués. A partir d’octobre 1942, l’Armée Secrète (AS) s’organise sur la rive droite. Des commandos opèrent des sabotages : destruction des ponts sur l’Isère ou sur la route principale, attaques de groupes ennemis isolés. Ces compagnies de volontaires agissent en collaboration avec les groupes Francs (GF) ou les Francs Tireurs et partisans (FTP).

Le dépôt de matériel du Haut-Meylan a été éventé et les allemands prévenus par un traître, investissent le quartier le 20 mars 1944, dynamitent quatre maisons, tuent un inconnu, prennent des otages. Heureusement, les partisans et le Commandant Nal ont eu vent de cette incursion. Ils échappent à la répression déguisés en vignerons armés de sécateurs.

Le 17 juin 1944, de retour d’une mission en Chartreuse, des patriotes tombent sur une patrouille allemande à la Détourbe. Deux partisans peuvent s’enfuir, trois sont fusillés mais l’un d’entre eux malgré le coup de grâce qu’il a reçu échappe miraculeusement à la mort. » Ce jour là, Georges CHAPPUY et Jean NOGUES sont morts pour la France.

Roger GUIGUE employé au Génie, ex-employé au parc d’artillerie, résistant du Mouvement « Combat », avait été massacré l’année précédente, le 26 novembre 1943, fusillé au carrefour du chemin de la ville et de l’avenue de Chartreuse. C’était la « Saint Barthélemy grenobloise ». Sur son cadavre, comme sur ceux de beaucoup d’autres, on retrouve un papier portant l’inscription suivante : « Abattu par les antiterroristes, sa mort répond de celle d’un patriote ».

Parmi les résistants, il faut aussi se souvenir de :

Eugène Bouchet pris par la gestapo, mort à Buchenwald en 1944.

Léon Jail sauvagement exécuté à Saint Barthélémy du Gua sur le versant oriental du Vercors. Son frère Marcel qui, a participé aussi à la résistance avant d’avoir une carrière universitaire et de se consacrer aux activités de l’association « Patrimoine Meylanais ». Ils étaient les fils de Léon Jail, Maire de Meylan de 1929 à 1940.

Aimé Requet, décédé en 1997, qui a contribué à faire sauter le Polygone d’artillerie les 13 et 14 novembre 1943 où étaient stockés d’importants tonnages d’armes et de munitions.

Nous ne devons pas oublier tous ces résistants qui sont morts pour la France.

Lors de la commémoration de ce 64ème anniversaire de la Libération de Meylan, devant le Monument aux morts du Cimetière Saint Victor, un hommage a été rendu aux 10 soldats français morts pour la France en Afghanistan. Nous devons être fiers de ces jeunes soldats qui se battent pour la Liberté, et leur en être reconnaissants.

La visite du Président de la République aux Etats-Unis est historique car elle marque la nécessaire réconciliation entre la France et les Etats-Unis.

Le Président Sarkozy a notamment rappelé devant le Congrès américain notre histoire commune. Depuis la charge du jeune marquis de La Fayette à Yorktown en 1781, la France est la plus ancienne alliée des Etats-Unis. De la baie de Chesapeake aux sables d’Omaha Beach, nos pays sont unis par les liens du sang versé l’un pour l’autre.

C’est au sang versé par les américains sur le sol de France que je pense aujourd’hui.

J’étais en Normandie l’année dernière, et je me suis rendu dans les cimetières alliés. Chacun d’entre nous devrait se rendre dans l’un de ces cimetières au moins une fois dans sa vie. Des milliers de tombes alignées … Et leurs inscriptions … Sur chaque tombe on peut lire : le nom du soldat, son régiment, la date de sa mort, et l’âge qu’il avait lors de sa mort. C’est la lecture de l’âge de ces soldats qui fait le plus mal : la plupart avaient à peine 20 ans, ou 19 ans, parfois même 18 ans. Presque des enfants … J’avais la chair de poule. Et de l’humidité dans les yeux …

Depuis cette visite, je suis gêné quand j’entends certains de nos compatriotes brocarder les Etats-Unis.

J’ai beaucoup de respect pour les phrases que Nicolas Sarkozy a prononcé lors de son discours devant le Congrès américain.

La visite de Nicolas Sarkozy renoue un fil qui n’aurait jamais dû être rompu. L’on doit savoir gré au Président d’avoir réconcilié cette famille que forment nos deux pays, restauré cette communauté de destin, d’intérêts et de culture.

La visite de Nicolas Sarkozy a initié une véritable refondation des relations transatlantiques, mettant fin à cette ambigüité tenace qui marquait notre diplomatie depuis trop longtemps. Depuis trop longtemps, la France croyait affirmer son identité et renforcer son influence en se définissant systématiquement contre les Etats-Unis. Quelle cause avons-nous ainsi servi ? Ni la nôtre, ni celle des Etats-Unis, ni celle du monde. La diplomatie de l’action succède aujourd’hui à la diplomatie de l’algarade. Amie, alliée, mais pas alignée : telle est la formule qui résume à présent la position, équilibrée et exigeante, de la France.

La position d’amis sincères des Etats-Unis (c’est-à-dire, quand il le faut, d’amis critiques) est la seule, en effet, qui prenne véritablement la mesure du nouvel ordre mondial.

Comment ne pas voir que, face aux chances, aux menaces et aux défis de la mondialisation, une coopération avec les Etats-Unis est indispensable ?

Je voudrais rendre un hommage tout particulier à notre collègue Sylvie LEFORT, conseillère municipale de Meylan. Nous ne nous attendions à pas son décès survenu brutalement au mois d’août.

Élue en 2001, elle était déléguée à la transversalité des actions, au développement durable, à la politique de la ville, et à l’accessibilité.

Sylvie était d’un abord agréable, avec un sourire et une gentillesse dont elle se départissait rarement.

Tout au long de son mandat, elle a eu un seul objectif : arriver à l’excellence dans les délégations qu’elle portait.

J’ai eu à travailler avec elle sur de nombreux dossiers concernant les bâtiments, les infrastructures et les déplacements. Sa vigilance constante, son opiniâtreté à défendre son point de vue, le fait qu’elle ne « lâchait rien » quand elle estimait que ses positions allaient dans le bon sens, pouvaient donner parfois à nos réunions une certaine vivacité. Les échanges étaient parfois apres. Mais en fait, Sylvie était celle qui nous montrait la voie. Et la rugosité qu’elle donnait parfois à ses propos, ne masquait jamais une finesse d’esprit et une intelligence aiguisée qu’elle mettait au service de sa mission.

Elle nous a beaucoup appris dans le domaine de l’accessibilité et de la Haute Qualité Environnementale. Elle était très attachée à la qualité d’usage de nos rénovations et de nos constructions ; qualité d’usage qui était pour elle l’objectif vers lequel nous devions tendre. La nouvelle piscine des Buclos en a été le dernier exemple.

Je peux témoigner que, dans ces domaines, Meylan lui doit beaucoup.

Et nous n’oublierons ni Sylvie, ni la voie qu’elle a tracée.



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Jean-Claude Peyrin

Conseiller général du canton de meylan
Adjoint au maire de Meylan

» www.peyrin.fr
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