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Crolles est traversé de part en part par la route nationale 90 (RN90). La circulation est dense et, à certains endroits du vieux village, les véhicules se croisent difficilement. La distance entre les maisons oblige les piétons à des exercices d’équilibristes sur un trottoir qui, parfois, devient virtuel. Les enfants qui vont à l’école empruntent ces trottoirs dont le niveau de dangerosité est maximum.

Quelques années après mon arrivée à Crolles, un accident grave est arrivé le long de la RN 90. Habitant le long de cette voie, et père de 4 jeunes enfants, j’ai créé le « Comité des riverains de la RN 90 », qui s’est donné pour but d’obtenir l’amélioration de la sécurité le long de la RN, et à terme, d’obtenir la construction d’une déviation de contournement, afin de rendre à cette commune sa tranquillité et sa sécurité. Je suis devenu le Président de ce Comité. Cette activité m’a amené à m’intéresser de très près aux problèmes de circulation et de déplacements.

Le corollaire est que j’ai acquis une modeste notoriété locale, ce qui m’a amené à être sollicité par des amis crollois pour m’investir dans la vie municipale. Les circonstances ont fait que ces mêmes amis m’ont demandé de conduire une liste lors des élections municipales de 1989.

A partir de 1953, Crolles a eu comme Maire une « figure » du Grésivaudan, Paul Jargot, ancien séminariste adhérent précoce au Parti communiste. Paul Jargot est resté maire pendant plus de 30 ans. En 1986, au milieu de son mandat, il démissionne en faveur d’un « enfant du pays », conseiller municipal dès son plus jeune âge, Jean-Claude Paturel.

Face à une telle histoire, la tâche était bien difficile, et malgré un résultat honorable, nous n’avons pas gagné. J’ai ainsi exercé la fonction de Conseiller municipal, chef de file de l’opposition crolloise. Membre de 7 commissions municipales, j’ai pu découvrir les arcanes de la vie politique municipale. En 1995, je conduis à nouveau une liste d’union contre le Maire en place. Le résultat, encore plus honorable, mais toujours insuffisant, me conduit à exercer un deuxième mandat de Conseiller municipal minoritaire, et ce, jusqu’à mon départ de Crolles, pour revenir à Meylan.

J’ai raconté par ailleurs comment les choses se sont alors enchaînées.

Je suis né à Annecy et y ai vécu jusqu’à l’âge de 7 ans. Les souvenirs d’enfance sont forcément lacunaires. Je garde en mémoire des séquences courtes, qu’il m’est difficile de dater avec précision, et qui se succèdent pêle-mêle, sans chronologie.

Quelques images du dessin animé de Walt Disney « Bambi » me reviennent : le feu qui fait fuir les animaux, la mort de la maman du jeune faon. J’en garde un émotion et une tendresse particulière pour les bébés animaux. Le Pâquier et les petits chevaux de manège. Ils existent encore, 50 ans après, au même endroit, témoignage hors d’âge d’un passé révolu. Un hiver très froid avec le bord du lac recouvert de glace, sur laquelle se promènent prudemment des anneciens. La prison sur le Thiou, sinistre dans cette eau glauque. Déjà un souvenir gastronomique, avec de délicieuses quiches que ma mère achetait dans une charcuterie alsacienne sous une porte de remparts.

Je vivais avec mes parents dans une maison un peu en dehors de la ville. Nous avions un chat noir qui me semblait énorme (la relativité ne m’était pas encore apparue comme une évidence). J’ai des souvenirs de bataille avec ce chat noir, et il me griffait le visage. Bien plus tard, ma mère m’apprit que le chat ne faisait que se défendre : je trouvais très amusant de lui tirer la queue. Aujourd’hui, je n’ai pas d’attirance particulière pour les chats, probable séquelle inconsciente des coups de griffe qu’il m’infligeait. Ce chat n’a pas du colporter trop de médisances dans le monde des chats sur mon comportement inqualifiable : bien souvent, les chats que je rencontre viennent se frotter contre moi.

Annecy, c’est aussi pour moi quelques images de mon frère aîné. Une promenade sur le cadre de sa bicyclette. Le transfert dans un voilier en utilisant un youyou (un youyou est une toute petite annexe utilisée pour se rendre sur un bateau amarré à quelques mètres ou dizaine de mètres du bord ; je ne sais pas si ce terme est toujours utilisé). En vérité, c’est ma terreur dans ce youyou qui se balançait et semblait devoir me précipiter dans les eaux du lac dont je me souviens le plus. Annecy, c’est aussi des images de feux d’artifice et de feux de Bengale (rouges, allez savoir pourquoi je ne me souviens que de cette couleur). J’étais élevé dans la religion catholique et deux noms me sont restés : Saint François de Sales et Sainte Jeanne de Chantal, dont les reliques sont conservées dans la Basilique de la Visitation, dans laquelle me mère m’emmenait souvent. Au fur et à mesure de cette évocation, des images oubliées reviennent, plus nombreuses ; plus personnelles. Ce n’est pas sans émotion que je repense à cette époque. A mes parents, disparus depuis.

Je garde une affection toute particulière pour cette ville, qui, pour moi, reste une des plus belles villes de France.

Le Palais de l’Isle et l’église de la visitation

Au gré des mutations de mon père, je suis né à Annecy, bien que ma famille soit dauphinoise, et presque entièrement matheysine. Je fais mes études primaires et secondaires au Lycée de Edouard Herriot de Voiron, puis, en 1965, je viens suivre mes études de médecine à Grenoble. Je me marie pendant mes études. Marié depuis maintenant 38 ans, je suis l’heureux père de quatre garçons, qui nous remplissent de joie et de fierté.

En 1974, je soutiens une thèse sur les rhabdomyolyses, ce qui me permets d’obtenir mon titre de docteur en médecine avec les félicitations du jury. Je me spécialise ensuite en anesthésie réanimation. Je serai nommé Praticien Hospitalier au CHU de Grenoble en 1976, en tant que médecin spécialiste en Anesthésie et en Réanimation, et j’y effectue toute ma carrière. Je gèrerai notamment une Unité de Réanimation pendant 18 ans. En 2000, ma carrière professionnelle change d’orientation. Abandonnant la Réanimation, je me consacre à la mise en place de la démarche qualité au CHU de Grenoble.

Toujours au plan professionnel, et en parallèle à mon activité hospitalière, je suis nommé : en 1986, Expert en matière civile et pénale auprès de la Cour d’Appel de Grenoble ; en 1996, Chargé d’enseignement à la Faculté de Médecine de Grenoble ; en 2000, Chargé d’enseignement à la Faculté de Médecine de Lyon ; et, en 2001, Expert Visiteur de l’Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation en Santé, qui deviendra ultérieurement la Haute Autorité de Santé. Cette fonction m’a amené à visiter et à certifier de nombreux établissements hospitaliers en France.

En 1983, ma famille et moi quittons Meylan et nous installons à Crolles. C’est là que s’ouvre une nouvelle tranche de vie, sous la forme de mon engagement municipal. Des amis travaillant au sein d’une équipe d’opposition au maire communiste de Crolles, me demandent de prendre leur tête pour se présenter aux élections municipales en 1989 et 1995. Je serai honorablement battu par l’enfant du pays, en place depuis plusieurs mandats. J’assumerai le poste de Conseiller municipal de Crolles pendant deux mandats. Après 12 années passées à Crolles, et pour des raisons personnelles et pratiques, nous revenons nous installer à Meylan, où je m’insère rapidement dans l’équipe qui se présente en 2001 contre le maire socialiste, qui est battu après un seul mandat. Je deviens ainsi adjoint au Maire, en charge des déplacements, des grandes infrastructures, des bâtiments et du patrimoine. Je suis nommé conseiller communautaire suppléant. Parallèlement, le Député me demande en 1998 de rejoindre le RPR isérois, où je serai élu au poste de secrétaire de circonscription, poste que je conserverai à l’UMP, et que j’occupe toujours. En 2007, ma délégation d’adjoint au Maire se complète avec l’urbanisme, le foncier et l’aménagement.

Pourvu d‘un tempérament « polyactif », et afin de compléter mes connaissances dans le domaine de la qualité en santé, je m’inscris à l’Université Pierre Mendés France ou j’obtiens, en 2001, un Diplôme d’Etudes Approfondies de Sociologie des organisations, avec la mention Bien. J’avoue un peu de fierté à être le plus âgé (54 ans) et néanmoins le Major de ma promotion. Je poursuis ce cursus avec la préparation d’une thèse de sociologie sur un thème qui m’est cher : les démarches qualité dans le monde de la santé. J’obtiens le titre de Docteur en Sociologie en 2006, avec les félicitations à l’unanimité du jury.

Mon intérêt pour l’histoire et le patrimoine régionaux me conduit à devenir membre associé de l’Académie Delphinale en 1987. J’avoue être peu présent aux séances de l’Académie depuis quelques années. Cependant, j’attends toujours la livraison du Bulletin de l’Académie avec un intérêt soutenu, et je compte bien m’investir plus tard dans ce champ qui me passionne.

Pourquoi exposer mon curriculum vitæ, locution latine que l’on peut traduire par mon « parcours de vie », ou le « cours de ma vie ».

Peut-être pour répondre par avance à la question qui me fut posée un jour où j’étais délégué à un colloque, quand un des intervenants, dans mon souvenir assez imbu de sa personne, me dit : « Au nom de qui ou de quoi parlez-vous ? ».

Pris par surprise, car je m’étais présenté comme tous les intervenants, je me souviens avoir bredouillé mécaniquement un pedigree professionnel, avec quelques titres, ce qui sembla lui convenir et le rassurer, puisqu’il daigna alors porter de l’attention à ce que je disais. J’ai repensé souvent à cette interrogation qui traduit le fait que de nombreuses personnes n’écoutent que ceux qui leur paraissent être en position de porter une parole.

Je n’ai pour unique prétention que d’être mon propre porte-parole, et il m’arrive de penser que ce n’est déjà pas si mal, tant il est difficile d’avoir une opinion raisonnée sur de nombreux sujets.

Néanmoins, il est vrai, les expériences accumulées au cours d’une vie, les expertises acquises dans différents domaines à l’occasion d’évènements ou de pratiques, peuvent donner de la robustesse à une opinion, ou à une posture.

C’est ainsi pour crédibiliser mon discours, pour renforcer l’authenticité de mes propos, que je livre dans ce blog quelques tranches de ma vie.



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Jean-Claude Peyrin

Conseiller général du canton de meylan
Adjoint au maire de Meylan

» www.peyrin.fr
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